dimanche, mai 27, 2007

4° rapport du GIEC - les conclusions du Groupe III

CO2.jpg

Les conclusions du Groupe III du 4° rapport du GIEC ont été présentées à Bangkok le 4 mai 2007. Vous pouvez les télécharger sous la forme d'un résumé en anglais.

Le point important de ce rapport c'est la teneur en CO2 de l'atmosphère, qui augmente plus vite que prévu.

Dans les années 90, le taux de croissance du CO2 était en moyenne de 1% par an. Entre 2000 et 2005, il est de 3%.

L'augmentation du CO2 était prévue par les modèles, elle est dûe à l'accroissement de la population mondiale et au développement industriel accéléré de pays comme l'Inde ou la Chine. Par contre, ce qu'on avait pas prévu, c'est que les plantes et les océans piègent moins de dioxyde de carbone que prévu, ce qui fait que le réchauffement est en train de s’emballer.

C'est d'ailleurs ce que vient de confirmer une étude du British Antarctic Survey. Les "puits de carbone" piègent la moitié du CO2 produit par l'activité humaine. L'Océan Antarctique y participe pour 15%. Cette étude montre que la capacité d'absorption de CO2 de l'Océan Antarctique arrive à saturation, et que l'acidité de l'Océan Antarctique risque d'atteindre la cote d'alerte bien avant 2050, comme on le pensait jusqu'à présent.

Le Professeur Chris Rapley, Directeur du British Antarctic Survey a déclaré : "Depuis le début de la révolution industrielle, les océans du globe on absorbé environ un quart des 500 gigatonnes de carbone émis dans l'atmosphère pas l'activité humaine. La possibilité que le réchauffement climatique puisse réduire la capacité d'absorption du CO2 dans l'Océan Antarctique (le plus puissant "puits de carbone") est à prendre très au sérieux."

Pour en savoir plus :
1. Climate Change 2007: Mitigation of Climate Change (IPCC WGIII - fichier .pdf)
2. 4° rapport du GIEC - les conclusions du Groupe II (Gaïa)
3. Les émissions de CO2 s'envolent depuis 2000 (Le Figaro)
4. Polar ocean 'soaking up less CO2' (BBC news)
5. Climate change affects Southern Ocean carbon sink (British Antarctic Survey)
6. L’Océan Antarctique absorbe moins de CO2 que prévu (notre-planete.info)

Crédit illustration : IPCC

Libellés : ,

11 Comments:

Blogger Betty said...

j'attends Patrick et Claude Alléger sur le sujet .. lol !

As-tu vu Thalassa vendredi soir Luc ? ce n'est pas la première fois que l'on parle réchauffement climatique à la télé. Mais là j'ai noté un changement. Désormais le réchauffement climatique est un fait, l'heure n'est plus aux débats ni même au simple constat et les sujets traitent de comment s'adapter et comment lutter. Changement de perspective interressant

lundi, 28 mai, 2007  
Blogger Jack said...

Il n'est pas étonnant que les puits de carbone absorbent moins que prévu par les modèles : les modèles ont-ils prévus la déforestation massive en Amazonie et Indonésie.
Il faut parait-il cultiver plus de soja pour nourrir nos porcs, regarder bien aussi tous ces beaux meubles en tek de moins en moins chers dans nos grandes surfaces.
A voir la suite de "Notre pain quotidien" : "We feed the world".
On a beau savoir qu'on sait...comme on oublie aussi vite ce qui dérange, il vaut mieux rabacher.
L'autre raison est que l'océan pompe moins de CO2 que prévu.

lundi, 28 mai, 2007  
Blogger Patrick said...

Que faut-il penser de ceci : Look to Mars for the truth on global warming ?

mardi, 05 juin, 2007  
Blogger Luc said...

@ Patrick : Il n' a pas que Mars qui se réchauffe, il y a aussi Vénus, Pluton, Saturne, Enceladus, Triton, Neptune, et Jupiter. Si tu veux plus d'infos là dessus, tu peux consulter Global warming on other planets ou Global Warming on Mars, Pluto, Triton and Jupiter, par exemple.

Qu'il y ait un réchauffement global des planètes du Système Solaire, on est d'accord. Mais j'avais déjà mentionné uen étude qui expliquait que le réchauffement climatique de la Terre n'est pas dû au Soleil.

Comme l'indique James Lovelock dans sa théorie Gaïa, ce qui différentie la Terre des autres planètes, c'est qu'elle est une planète vivante, alors que les autres planètes sont "mortes".

C'est pour cela que la température à la surface de la Terre est stable et régulée, et qu'elle est à priori beaucoup moins sensible à l'extérieur que les planètes "mortes".

Face aux variations du Soleil, là où le reste du système Solaire varie fortement, la Terre ne devrait pas varier. Si elle grimpe, c'est pour une tout autre raison, c'est qu'elle a la fièvre. Pourquoi ? Ca fait maintenant un peu plus de deux ans que je l'explique dans ce blog ...

mardi, 05 juin, 2007  
Blogger Patrick said...

Ah, bon. Mais alors, comment expliquer les variations climatiques du moyen âge ? Genre climat très doux qui règnait du temps des vikings (an 1000) au point que le Groënland était vert (comme son nom l'indique), ou encore genre mini glaciation dans la période 1500 - 1800 (la mer a gelé à Bordeaux aux alentours de 1700) - on dit qu'en 1707, le vin a gelé jusque dans le verre du Roi !

Je trouve que si le soleil rayonne plus ou moins d'énergie, c'est de nature à déréguler légèrement le climat, non ? Et si toutes les planètes se réchauffent actuellement, c'est bien que le soleil leur envoie plus d'énergie, non ? Et si le soleil nous envoie plus d'énergie, le système de régulation de la terre s'en trouve un peu perturbé, non ?

Moi, quand on me trempe dans de l'eau froide, j'ai beau avoir un système de régulation de ma température interne, je passe en légère hypothermie. Et si on me jette dans un bain à 40°C, je passe en légère hyperthermie... La terre réagirait-elle différemment ?

mardi, 05 juin, 2007  
Blogger Patrick said...

Y'a un autre truc qui me chiffonne.

J'ai eu du mal, mais j'ai trouvé le PRG "Pouvoir de Réchauffement Global" de la vapeur d'eau - (ça semble être une donnée peu diffusée : on donne généralement tous les PRG, sauf celui de la vapeur d'eau). C'est 8 (le pouvoir d'effet de serre de la vapeur d'eau est donc 8 fois plus important que celui du CO2, qui est pris comme référence et égal à 1).

Or, je lis par ailleurs que la concentration de la vapeur d'eau dans l'atmosphère varie entre 0% et 4%.

Et que celle du CO2 (huit fois moins actif en regard de l'effet de serre) est d'environ 0,04%.

Au vu de ces chiffres, on a l'impression qu'une variation du taux de CO2 aurait un effet extrêmement minime par rapport à une variation même faible du taux de vapeur d'eau... Or le taux de vapeur d'eau est extrêmement variable...

Les lecteurs physiciens, là bas, qu'en dites-vous ? Ca se met en équation, ça ?

mardi, 05 juin, 2007  
Blogger Patrick said...

Hum... Ca ne se bouscule pas au portillon pour me déchiffonner. Du coup, je rajoute une motif de chiffonnage :

Dans cette introduction, le Gourou français du réchauffement Jean-Marc Jancovici et conseiller de Nicolas Hulot nous montre un camembert (c'est la première figure sur la page) qui dit que H²O contribue pour 72% à l'effet de serre, et le CO² pour le reste (soit 28% à peu de choses près). Donc l'eau compte pour les 3/4 du réchauffement, et le CO² pour 1/4. Toutes les démonstrations subséquentes sont basées sur cette affirmation.

Pourtant, ça me chiffonne : En admettant que la concentration de l'eau dans l'atmosphère est de 2% (avec un Pouvoir de Réchauffement Global de 8) et sachant que la concentration du CO² est de 0,04% avec un PRG de 1, comment diable arrive-t-on aux chiffres précités (72% et 28% soit un rapport de 3 à 1), alors qu'une simple règle de trois donne un rapport de 400 à 1 ?

Des explications s'il vous plaît ?

samedi, 09 juin, 2007  
Blogger Luc said...

@ Patrick : Très bien ton lien. Et si tu prend la peine de lire après le premier paragraphe, tu peux lire l'explication suivante :

"Les émissions directes de vapeur d'eau des hommes (provenant des centrales électriques, de l'irrigation, des barrages, de la déforestation...) ne contribuent pas à augmenter l'effet de serre de manière décelable, et ne sont donc pas prises en compte dans les émissions humaines. En effet, sur une planète couverte aux 2/3 d'eau (les océans), et compte tenu du fait que l'eau ne s'accumule pas dans l'atmosphère - où son temps de résidence est de l'ordre d'une semaine seulement -, les émissions d'origine humaine sont totalement marginales dans le cycle global de l'eau (à titre indicatif, les émissions annuelles de vapeur d'eau de l'humanité provenant de la combustion des hydrocarbures représentent moins de 1% de l'évaporation naturelle survenant en une seule journée). L'action de l'homme peut très significativement perturber le cycle local de l'eau (la Mer d'Aral ou le barrage d'Assouan en offrent de bons exemples), mais cela n'a pas de répercussions significatives au niveau de la teneur moyenne en vapeur d'eau de l'ensemble de l'atmosphère, or c'est celle-là qui gouverne l'effet de serre qui en résulte.

Ce qui précède explique pourquoi il n'est pas tenu compte de la vapeur d'eau, excepté dans quelques cas bien particuliers, lorsque l'on calcule les émissions de gaz à effet de serre liées à l'activité humaine."


Et, un peu plus loin :

"la très mauvaise surprise, c'est que mis à part la vapeur d'eau, qui s'évacue en quelques jours, les gaz à effet de serre mettent très longtemps à s'en aller de l'atmosphère." (...) "On voit qu'il faut attendre de l'ordre du siècle avant que le CO2 ne commence à être évacué de l'atmosphère, de l'ordre de 10 ans pour le méthane, mais que certains halocarbures (par exemple le CF4, en haut du diagramme) n'ont toujours pas commencé à s'épurer significativement de l'atmosphère au bout de 1000 ans."

En résumé, et pour faire simple, la durée de vie de la vapeur d'eau dans l'atmosphère n'étant que de quelques jours, elle de joue aucune rôle dans "le réchauffement climatique global", vu qu'elle n'a aucune possibilté de s'accumuler.

Je crois que, quand tu auras compris ça, tu comprendras que, en ce qui concerne le rôle de la vapeur d'eau, il se raconte beaucoup de contre-vérités sur le sujet, et Claude Allègre n'est pas le dernier à raconter n'importe quoi ...

dimanche, 10 juin, 2007  
Blogger Luc said...

@ Patrick : Et en ce qui concerne ta demande d'explication sur le camembert présenté dans la page de Jancovici, je n'en ai pas, vu qu'il ne cite pas ses sources.

Moi, quand je cite un chiffre, ou que j'affiche un graphiques, je mets toujours un lien vers l'étude originale avec toutes les références et explcations. Je préfère l'information professionnelle à l'amateurisme démonstratif qui empile en vrac des graphiques glanés sur Internet à droite et à gauche ...

Chacun son truc ... :-)

dimanche, 10 juin, 2007  
Blogger Luc said...

@ Patrick : Quand tu écris "H²O contribue pour 72% à l'effet de serre", en te référant au premier camembert de Jancovici, je remarque que son camembert ne disait pas tout à fait ça. Il disait :
- Nuages 17%
- Vapeur d'eau 55%
Et toi, tu as fait l'addition : 17% + 55% = 72% !

Alors, je ne sais pas si tu as remarqué, mais, quand un nuage passe dans le ciel, tout d'un coup il fait plus frais. Tu as dû remarquer ça, non ?

Je t'explique.

La vapeur d'eau provoque effectivement un effet de serre, puis qu'elle laisse passer les rayons du soleil, mais elle empêche une partie de cette radiation de repartir. Elle contribue donc d'une façon positive à l'effet de serre.

Les nuages, par contre, ont exactement l'effet inverse. Le dessus des nuages est blanc et réfléchit les rayonnements solaires. Ils font écran au rayonnement solaire en le réfléchissant dans l'espace avant d'atteindre le sol.

Pour bien comprendre, regarde notre belle planète vue de l'espace. Tu remarqueras tout de suite que les océans (qui représentent environ 75% de la surface) sont bleu noir, alors que les nuages sont blancs. Quand l'océan sombre chauffe sous le rayonnement solaire, il y a plus de nuages blancs, ce qui augmente l'albedo, et donc, ça refroidit. C'est un des phénomènes de régulation thermique qui est à la base de la théorie de Gaïa développée par James Lovelock.

J'espère que du coup que tu as compris que tu ne pouvais pas "additionner" vapeur d'eau et nuages comme tu l'as fait, vu que ces deux éléments jouent exactement en sens contraire ...

Pfff ... je m'aperçois qu'il y a encore pas mal de boulot d'explication de base à faire !

:-)

dimanche, 10 juin, 2007  
Blogger Patrick said...

C'est pas moi qui additionne la vapeur d'eau et les nuages. C'est le grand gourou Jean-Marc Jancovici lui-même qui écrit en commentaire du camembert : "Répartition des contributions à l'effet de serre des différents gaz présents dans l'atmosphère : l'eau, sous toutes ses formes, en représente les 3/4".

Si tout le raisonnement qui suit sur son site est basé là-dessus, alors ça ne vaut pas grand chose ! C'est pourquoi j'ose le terme de "mystification ?" (avec un point d'interrogation tout de même - pour le moment).

Tu noteras d'ailleurs que (sauf erreur) Jean-Marc Jancovici ne mentionne jamais le PRG de l'eau sur son site ! Peut-être parce que que la supercherie deviendrait alors patente !

dimanche, 10 juin, 2007  

Enregistrer un commentaire

<< Home