mardi, janvier 23, 2007

L'île Lohachara a disparu

Lohachara 1954

La carte que vous voyez ci-dessus date de 1954. Elle représente une partie de l'estuaire du fleuve Hûghlî (Hooghly en Anglais), qui est en fait un des bras du Gange qui vient se jeter dans le Golfe du Bengale. C'est sur les rives du fleuve Hûghlî que se trouvent Calcutta et Chandernagor ...

Au centre de la carte ci-dessus, vous pouvez voir 3 îles : Bedford, Lohachara et Ghoramara. Durant les 20 dernières années, les îles de Bedford et Lohachara ont été inondées de plus en plus fréquemment, et puis ont été inondées de façons permanente, et puis, finalement, elles ont disparues, comme vous pouvez le constater sur la photo ci-dessous.

Lohachara 2006

Il y a plusieurs causes : la montée des eaux, l'érosion côtière, les cyclones (moins fréquents mais bien plus puissants), la destruction des mangroves et les inondations côtières.

Il a fallu reloger 6000 familles qui vivaient dans ces deux îles.

Sur le graphique ci-dessous, tiré du Telegraph de Calcutta, vous pouvez voir les rivages d'une douzaine d'îles du golfe du Bengale en 1969 (bleu) et en 2001 (vert) :

vanishing isles

En 1999, deux atolls inhabités des îles Kiribati dans le Pacifique avaient déjà disparus : Tebua Tarawa et Abanuea. Des îles sont en cours d'évacuation dans le Pacifique et en Alaska (voir ci-dessous). Mais la disparition de l'île Lohachara marque une grande première qui a été officialisée en décembre 2006 par les chercheurs de l'université de Jadavpur à Calcutta : c'est la première fois qu'une île s'évanouit et entraîne la déportation de dix mille personnes.

C'est la première fois, mais pas la dernière.

Pour en savoir plus :
1. Disappearing world: Global warming claims tropical island (The Independent)
2. Qui se souviendra du dernier Noël de l'île de Lohachara ? (Standblog)
3. 22 yrs after deluge, they fear more (Kolkata newsline)
4. Lohachara Island (Wikipedia)
5. Lohachara (Google maps)
6. Quand la mer monte (Gaïa)
7. La montée des eaux a été sous-estimée (Gaïa)
8. That sinking feeling (The Independent)
9. Vanishing islands Displaced Climate casualties Underlying truth (The Telegraph - Calcutta)

D'autres îles en train de disparaître :
1. Shishmaref va être évacué (Gaïa - 15 octobre 2006)
2. L'évacuation des îles Tulun a commencé (Gaïa - 5 décembre 2005)
3. Tuvalu menacée par le réchauffement climatique (Gaïa - 23 novembre 2005)

Crédit photos : The University of Texas et Google maps

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8 Comments:

Blogger Jack said...

Moins loin d'ici, le littoral fiche le camp en camargue. Il a fallu mettre des enrochements pour freiner l'érosion. Une des raisons est la domestication du Rhône, qui à chaque crue amenait quelques milliers de m3 d'alluvions, sur les cartes marines des années 80 on pouvait lire que la pointe du phare de Beauduc avançait jusqu'à 5 m par an.
Le propre des côtes est le changement avec une première place pour les côtes sablonneuses.
L'élévation du niveau de l'eau aggrave sensiblement la situation.
Les zones d'estuaires restent et resteront des zones éminament instables.
La preuve : on ne sort pas du grand Rhône par son embouchure naturelle, car les fonds y sont trop changeants, mais par le canal de port Saint-Louis qui permet un accés sain au golf de Fos.CQFD

mardi, 23 janvier, 2007  
Blogger Patrick said...

L'érosion fluviale en temps réel... On constate néanmoins que si des îles disparaissent, d'autres sont en formation : l'étroit banc de sable au dessus et à gauche des îles qu'on voit sur la carte de 1954 est en passe de devenir une île... Et vu la pression démographique dans la région, cette nouvelle île ne tardera pas à être squattée, malgré les évidents risques d'inondation...

mercredi, 24 janvier, 2007  
Blogger Patrick said...

Je ne croyais pas si bien dire, car la partie nord de l'ancien banc de sable est en train d'être colonisée, il y a déjà là ce qui semble être une installation de pisciculture... Le malheur des uns fait le bonheur des autres !

mercredi, 24 janvier, 2007  
Blogger O.H.E said...

Le réchauffement climatique n'est pas du tout le résultat de la surpopulation !! Et la maladie dont tu parles est loin d'être "humaine". Rah ça m'énerve ces amalgames et ces généralités ethnocentriques ! Ce sont seulement les sociétés issues d'occident dites "capitalistes" ou "modernes", avec la "Révolution Industrielle" et leurs nouvelles technologies devant assurées le progrés et le bonheur de tous, qui ont provoqué un déréglement de la vie naturelle.

samedi, 10 février, 2007  
Blogger Luc said...

@ O.H.E : Ah oui ? C'est juste les sociétés "capitalistes" qui sont responsables du réchauffement climatique ?

Bon, c'est vrai que c'est bien la révolution industrielle et l'exploitation massive du charbon et du pétrole qui a tout déclenché, et c'est vrai aussi que le développement exponentiel de l'industrialisation planétaire a bien été le fait du Grand Capital et pas des travailleurs chers à Arlette.

Mais, mais, mais ... Quand on parle de la surpêche, de la déforestation au Brésil et en Indonésie, de la destruction de l'habitat naturel des animaux sauvages en Afrique, là on n'est plus dans le domaine de l'industrie lourde de la Ruhr, n'est-ce pas ?

Et puis, une simple réflexion montre que, si on était restés à une population planétaire 1 milliard de terriens comme en 1800, on n'en serait pas aujourd'hui à ce niveau de dégradation de la planète.

C'est tout simple : 6,5 milliard de terriens, c'est beaucoup trop pour notre petite planète bleue.

La surpopulation voilà le problème, et le grand tabou qu'il est interdire d'évoquer.

Il est en train de se passer à l'échelle de la planète ce qui s'est passé à une plus petite échelle sur l'île de Pâques. Et là bas, il n'y avait pas de Grand Capital pour mentir et spolier les travailleurs ...

dimanche, 11 février, 2007  
Blogger Patrick said...

Tiens, l'île de Pâques, justement... Il y a un très interessant article de 8 pages dans "Pour La Science" de Janvier 2007 qui explique que la couverture sylvestre de l'ïle a disparu vers 1350 (pour des raisons non élucidées : surexploitation du bois ; déforestation volontaire pour cultures ; période de sécheresse ; multiplication des rats sur l'île qui ont mangé les graînes du seul genre d'arbre qui y poussait). Quoi qu'il en soit, la population est restée stable à plusieurs milliers d'individus jusqu'à l'arrivée des explorateurs en 1722. Et à partir de ce moment, ça a été le début de la fin, avec notamment une razia de plusieurs milliers d'esclaves par des marchands d'esclave péruviens (90% des dits esclaves sont morts au bout de deux ans), et la variole a fait le reste sur l'île. En 1860, il ne restait plus que 110 îliens...

Lorsque le premier explorateur Jacob Roggeveen a vu l'île, il a décrit une île "excessivement fertile, produisant des bananes, des pommes de terre, des cannes à sucre d'une taille remarquable et beaucoup d'autres sortes de fruits de la terre".

En résumé, l'histoire que les îliens ont surexploité leur territoire et en sont morts n'est qu'une belle légende. Ce qui semble vrai néanmoins, c'est que leur population est restée à peu près stable pendant plusieurs centaines d'années, en équilibre avec les ressources, avant que l'homme blanc vienne tout foutre en l'air !

dimanche, 11 février, 2007  
Blogger Luc said...

@ Patrick : Effectivement, l'arrivée de l'homme blanc en 1722 n'a rien fait pour arranger les choses.

Mais moi, j'évoquais ce qui s'était passé avant l'arrivée de l'homme blanc. La population de l'île de Pâques est passée de 15000 individus à 2000-3000 individus bien avant l'arrivée de l'homme blanc. Même chose pour la déforestation comme tu le fais remarquer.

dimanche, 11 février, 2007  
Blogger Patrick said...

Surpopulation, certes. C'est sûr que si on était 10 fois moins sur terre, on n'aurait pas tant de soucis... Que suggères-tu, concrètement, Luc ?

lundi, 12 février, 2007  

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