samedi, février 26, 2005

L'Homo Sapiens : un virus



Voici un passage célèbre du film "Matrix", quand l'agent Smith s'adresse à Morpheus :

"Chaque mammifère sur cette planète développe instinctivement un équilibre naturel avec l'environnement dans lequel il évolue, mais vous les humains, non. Vous arrivez dans de nouveaux territoires, et vous vous multipliez, vous vous multipliez, jusqu'à ce que toutes les ressources naturelles soient épuisées. Et votre seule façon de survivre est alors d'émigrer sur de nouveaux territoires. Il y a un autre organisme sur cette planète qui se comporte de la même façon : un virus. Les êtres humains sont une maladie, un cancer pour cette planète, vous êtes une épidémie, et nous sommes le remède."

27 Comments:

Blogger Jack said...

Le sujet mérite bien un blog, design somptueux. Gageons qu'il va tous nous inspirer.
Merci Luc

dimanche, 27 février, 2005  
Blogger Patrick said...

Les commentaires "à la" Matrix ne sauraient faire oublier des considérations plus optimistes et plus documentées telles que celles de l'éminent Pierre Teilhard de Chardin (dont nous pleureront très bientôt le 50ème anniversaire de la mort). Pour Teilhard, l'homme est l'aboutissement actuel de l'évolution, qui a patiemment produit par-dessus la lithosphère et en couches successives : la biosphère, la zoosphère et enfin la noosphère (sphère pensante) - dont nous sommes les dignes porteurs.

En fait, ce qui importe, c'est la survie de la noosphère, et son évolution (vers l'Oméga dans la pensée de Teilhard). Et comme la noosphère est actuellement dépendante de la biosphère et évidemment de la lithosphère, il est légitime de se préoccuper de Gaïa... jusquà ce que la noosphère se dématérialise - et alors nous seront tous des dieux et on en aura plus rien à foutre de Gaïa !

Pour plus sur Teilhard, lire par exemple ici : http://www.richmond.edu/~jpaulsen/teilhard/noogenes.html et on (re)lira avec attention une de ses oeuvres maîtresses : "La Place de l'Homme dans la Nature"

lundi, 28 février, 2005  
Blogger Luc said...

A Jack : merci pour ton commentaire et pour tes encouragements.

A Patrick, je me tuyaute sur la noosphère. Je reviens de suite !

lundi, 28 février, 2005  
Blogger Luc said...

Bon, je me suis tuyauté sur la noosphère en accèdant à ton lien.

Donc, ce que Pierre Teilhard de Chardin développe avec ce concept de noosphère, c'est la notion bien anthromorphiste que l'homme (mâle et blanc) c'est l'aboutissement suprême de l'évolution, le top du top, même que y a pas mieux, et que c'est le sublime du sublime.

D'ailleurs, preuve irréfutable : Dieu nous a fait à son image, on est donc à l'image de Dieu, et vous, les animaux, vous z'avez qu'à fermer vos gueules, vous avez pas droit au chapitre, et vous pensez même pas !

Les femmes ? Oui, mais pas depouis longtemps (concile de Nicée). Les noirs ? Pas depuis longtemps non plus. Les Aborigènes ? C'est sympa à tirer pour les parties de chasse le week end en Australie, ça change des kangourous ...

Moi, sur ce coup là, je serais plutôt tendance Bouddhiste. Tous les animaux ont une âme. Marche pas sur la fourmi, là, c'est peut-être ton grand-père réincarné!

La prééminence absolue de l'homme sur les autres espèces, moi, ça commence à me donner des boutons.

Quelque part.

Et puis quoi, les éléphants peignent, les baleines chantent, les fourmis cultivent, les gorilles matent les poitrines des femmes, les dauphins sauvent des hommes de la noyade, les chiens aboient, la caravane passe, j'en passe et des meilleures.

On me fera de moins en moins croire que l'homme est le seul à pouvoir "penser" sur cette planète merveilleuse qui est la nôtre.

C'est pas parce qu'on n'est pas avoir arrivés à déchiffrer le langage des dauphins qui faut en conclure que y a que nous dans la noosphère.

Hugh !

J'ai dit !

Pour en savoir plus :
1. Des fourmis cultivatrices Chez Luc (brèves de comptoir)
2. Des éléphants peintres Chez Luc (brèves de comptoir)
3. Sacré gorille !:-) (Paris est magique !)

lundi, 28 février, 2005  
Blogger Jack said...

Ah, quel enchantement à te lire, la démonstration de la supériorité de la race humaine est un concept bien ancré dans toutes nos grandes religions monothéistes et en particulier chrétienne. Il semble que la supériorité de l'homme sur les autres animaux est un concept qui prépare bien à l'acceptation de l'idée de Dieu, par analogie.
Il faut relire Descartes et ses dissertations sur le comportement "mécaniste" des animaux. C'est à mourir de rire, ce Monsieur n'est guère sorti de son bureau.
Dimanche l'observaient les oiseaux qui viennent boire dans la grande bassine d'eau que je leur tends pour mon plus grand plaisir : je contemplais leur manège, l'un d'eux reste perché et surveille pendant que les autres boivent et batifolent.
Au moindre geste suspect, il sonne la retraite.
Lorsque j'ôte la glace pour remettre de l'eau, combien de temps se passe-t-il pour qu'ils accourent tous en masse? 2 ou 3 minutes. Vous ne croyez tout de même pas que tous les oiseaux de la montagnette passent leur temps à m'observer?
C'est plus simple que cela, ils communiquent et il leur suffit de quelques minutes .
Vous appeler cela des comportements mécaniques.
Je sens que quelqu'un va me parler des oies de Lorenz, je leur opposerai l'abominable expérience de Louis II de Bavière, qui fit élever des enfants hors de tout contact humains : tous furent profondément débiles, incapables de parler moururent avant l'âge de 10 ans. De même il ne faut pas enlever un chaton à sa mère avant l'âge de 3 mois sans prendre le risque d'avoir un chat psychotique.
Émerveillez vous et regarder toute l'intelligence de la moindre créature, je ne me sens supérieure à aucune d'elle.
Aucune d'elle ne met en danger l'existence de sa race au point où nous en sommes capables.
Circonstance agravante, nous serions capables de raison.
Il nous reste tout de même notre brave Saint François d'Assise...qui regardait le monde non humain avec compassion.

lundi, 28 février, 2005  
Blogger Patrick said...

Bah, à tout prendre, je préfère encore me considérer "espèce supérieure" que "virus nuisible" !

lundi, 28 février, 2005  
Blogger Jack said...

Oui Patrick,
Il y a ce que nous désirerions être et ce que nous sommes en réalité...
Mais çà n'est pas interdit de s'améliorer!

mardi, 01 mars, 2005  
Blogger Patrick said...

Je suis d'accord avec Jack qui dit que le règne animal n'est pas si vide d'intelligence qu'on a pu le croire dans le passé. Et que les animaux sont capables de communiquer plutôt efficacement. Ce qui est curieux, c'est l'incommunicabilité d'une espèce à une autre - et notamment entre animaux et homme - sauf peut-être avec les grands singes - mais à travers un métalangage difficile à mettre en oeuvre (langage des signes). Pourquoi diable ne pouvons-nous pas comprendre directement le chant des oiseaux, les sifflements des dauphins ou les cris des baleines ? On arrive bien à comprendre des langues absconses et fort différentes des nôtres (africaines par exemple). Alors, pourquoi pas directement le langage des singes ou des éléphants ou des oiseaux ? Ca reste un grand mystère pour moi...

En fait, il y a eu un homme qui parlait aux animaux, c'est Tarzan. Peut-être aurions-nous dû lui demander de dévoiler ses secrets...

Aaaaah Iiiiaaa Iiaaahhh ! ! !

mardi, 01 mars, 2005  
Blogger Jack said...

Mirabelle, sais très bien me faire comprendre tout ce dont elle a besoin :
elle se roule devant moi, signifie : je veux des caresses.
Assise au milieu de la cuisine elle me regarde : j'ai faim.
Dans l'autre sens je ne fais pas passer grand chose.
Alors que sa communication est terriblement efficace.
Suis-je réellement le plus malin?
Dans mon système à coup sûr, dans le sien pas du tout.
Je crois que l’incommunicabilité entre les espèces vient du fait que le recouvrement de nos « systèmes » est trop mince pour établir une vrai communication. C’est déjà assez perceptible entre humains.

jeudi, 03 mars, 2005  
Blogger Luc said...

Le problème vient du fait que nous sommes très bons (?) au niveau du langage parlé, mais on est complètement infirmes au niveau de la communication non verbale. Donc, il y a des attitudes qui sont évidentes pour plein d'animaux, mais par pour nous.

vendredi, 04 mars, 2005  
Blogger Patrick said...

En re-feuilletant un des posts "fondateurs" de ce blog, je ne peux réprimer d'exprimer quand même un (petit) point qui différencie les hommes des animaux.

Les animaux ne sont sans doutes pas bêtes ;-) , mais l'essentiel de leur comportement est inné (pré-programmé) (même si le terme "inné" est honni des spécialistes du sujet). Leur "intelligence" sert essentiellement à adapter leur comportement inné à l'environnement et aux circonstances. Ils peuvent aussi bien entendu acquérir des connaissances (par exemple reconnaître des lieux, leurs congénères, leur maîtres pour les chiens et chats, etc.). Mais quand ils procréent, leur progéniture hérite de l'inné, mais pas de l'acquis (et cet acquis est perdu).

Nous, c'est pareil - sauf que on a trouvé le moyen de transmettre l'acquis - par la parole.

De façon imagée, c'est un peu comme si le cerveau des animaux était surtout constitué de ROM (mémoire inscrite une fois pour toute) et un peu de RAM (mémoire multi-usage inscriptible à volonté). Les hommes ont perdu de la ROM mais gagné de la RAM (beaucoup). Le contenu de la ROM se transmet par les gènes, la RAM est vide à la naissance. Mais dans le cas de l'homme (et (exclusivement dans le cas de l'homme), la RAM "est chargée" par l'instruction des enfants.

Dont, ce qui différencie l'homme de l'animal, c'est la transmission de l'acquis (essentiellement par la parole) et l'accumulation de l'acquis (essentiellement par l'écriture). Deux choses que ne savent pas faire les animaux.

Il y a donc une vraie différence très fondamentale.

Ces considérations me sont venues par la lecture assidue de nombreux articles sur les sujets de l'origine de l'homme, la notion d'humanité (Teillard de Chardin), la zoologie (Konrad Lorentz - Prix Nobel - Essais sur le comportement animal et humain - qui disait en plaisantant que le chaînon manquant entre le singe et l'homme, c'est nous !), encore la zoologie (Stephen Jay Gould - Réflexions sur l'histoire naturelle), et plusieurs articles de revues du style Scientific American sur ces sujets. J'ai aussi contemplé un économiseur d'écran "aquarium" qui montre comment le comportement des poissons suit un nombre limité de lois simples (essentiellement programmes d'évitement et de recherche de nourriture).

Je vous recommande ces lectures si le sujet vous branche (mais je vous préviens, il faut souvent lire les pages trois fois pour bien comprendre : ces sujets sont ardus - en tout cas pour un esprit simple comme le mien).

samedi, 16 juillet, 2005  
Blogger Patrick said...

Luc et Jack, je reviens sur vos commentaires sur la pensée de Teilhard de Chardin. Je pense que la notice que j'avais mis en lien était sans doute mal choisie et vous a induit en erreur.

Bien que Jésuite, Teilhard était surtout un brillant scientifique (anthropologue), et sa pensée était extrêmement iconoclaste vis-à-vis de l'église à laquelle il était sensé appartenir. Le Saint Siège a un temps pensé l'excommunier - mais sa renommée était déjà si grande qu'il s'est finalement contenté de lui interdire de publier tout écrit autre que strictement scientifique de son vivant - et a "mis en garde" les lecteurs catholiques lorsque ses « autres » écrits ont finalement étés publiés en 1962. Ce serait donc une erreur de croire que la pensée de Teilhard est dans le droit-fil de la pensée catholique ou chrétienne...

D'ailleurs, son livre "La place de l'homme de l'homme dans la nature - le groupe zoologique humain" ne mentionne Dieu qu'une seule fois (en fait, dans la dernière phrase du livre - et en en parlant comme d'un problème : "et c'est en ce point, si je ne m'abuse, que sur la Science de l'Evolution (pour que l'Evolution se montre capable de fonctionner en milieu hominisé) s'insère le problème de Dieu - Moteur, Collecteur, et Consolidateur, en avant, de l'Evolution."

En fait, de mon point de vue, sa grande pensée a été d'identifier et de décrire un processus "cosmique" de complexification après le Big Bang. A partir de particules élémentaires l'univers se dote d'atomes, puis de molécules d'abord simple et progressivement de plus en plus complexes (protéines) jusqu'à ce que la complexité soit telle que la vie émerge. Il montre alors que le processus de complexification se porte particulièrement sur la cérébralisation (cérébralisation d'animalcules au départ pour culminer dans la cérébralisation humaine). Là où sa pensée dépasse le cadre scientifique, c'est quand il considère que la phase de complexification actuelle (sur-cérébralisation) est portée par l'Humanité (par le biais du langage, de l'écriture, et des communications...) - et non plus par l'homme individuel.

Je trouve que ce concept de complexification cosmique est très puissant. Avant, je pensais plutôt que c'était le désordre et le hasard qui était maître de l'Univers. Mais en y pensant très fort, je pense que Teilhard a raison : la complexification est omniprésente, et va dans le sens de l'ordre ! Pourquoi ? Mystère !

Pas très catholique, tout ça, à mon avis... Je comprends que le Saint Siège ait toussé... Mais je trouve que ça a une certaine résonance en vue des développements technologiques récents. Ce Blog même et les millions d'autres n'en sont-il pas une démonstration (au moins pour l'aspect "Humanité porteuse de la phase actuelle d'évolution plutôt que l'Homme") ? S'il lisait des blogs aujourd'hui, nul doute que Teilhard penserait qu'il avait vu juste !

dimanche, 17 juillet, 2005  
Blogger Luc said...

L'acquis et l'inné ....

Donc, ce qui différencierait l'homme de l'animal, ce serait l'acquis, grâce à la parole et l'écriture ...

Eliminons d'entrée l'écriture, parce que cela ravalerait au rang d'animaux toutes les civilisations sans écriture (les aborigènes d'Australie, par exemple) et tous les illettrés actuels. De plus n'oublions pas que la tradition orale est celle qui s'est perpétuée pendant des millénaires, et que les premiers écrits ne sont strictement que des retransciptions écrite des traditions orales. N'oublions pas enfin qu'il faudra attendre Gutemberg (1456) pour voir apparaître l'imprimerie et la diffusion du savoir écrit, jusque là réservé à une poignée d'hommes érudits au milieu d'un troupeau d'hommes "non-humains", donc. ;-)

Donc, exit l'écriture, reste la tradition orale, qui, elle aussi permet la transmission et l'accumulation du savoir.

Et donc, je dis : ce n'est pas parce que l'on ne comprends pas le langage des dauphin, celui des baleines, celui des chimpanzés (spécialement les bonobos), celui des gorilles, celui des manchots Empereurs (capables de reconnaître instantannément leurs conjoints dans une foule), etc ... qu'il n'ont pas de langage.

Je prétends au contraire qu'il y a bien d'autres espèces sur cette terre, autre que l'espèce humaine, qui ont un langage. Et donc, le fait que ces espèces-là n'ont pas de tradition orale reste à démontrer.

De plus, s'il est vrai que beaucoup de bébés n'ont que l'inné pour se démerder dans la vie (les bébés tortue de mer, pour prendre un exemple célèbre), bien des espèces "élèvent" leur petit pendant des mois, parfois des années. La maman ours apprend beaucoup de choses à leurs oursons.

Et plus l'homme fout la merde dans l'environnement, plus les parents animaux ont des informations vitales à transmettre à leur progéniture pour qu'ils arrivent à survivre sur cette planète devenue un enfer pour eux...

Donc, je reste sur mes positions, à savoir que la frontière entre l'homme et l'animal est assez floue. Je pense ... On est juste des grands singes nus qui sont devenus le prédateur le plus dangereux de cette planète. Rien de plus.

dimanche, 17 juillet, 2005  
Blogger Patrick said...

Tu dis des choses sensées.

Mais je n'ai pas dis que l'élément différenciateur était le langage : j'ai dit que l'élément différenciateur est la TRANSMISSION DE L'ACQUIS par le langage. Je ne vois aucun exemple de transmission de l'acquis dans aucune espèce animale, même douée de langage (un phoque jongleur - qui a donc acquis cet art - ne transmettra pas son art à sa progéniture !)...

Quant à l'ACCUMULATION DE l'ACQUIS par vertu de l'écriture, c'est juste un complément "accélérateur". L'exemple que tu cites est édifiant : les aborigènes sont restés à l'âge de pierre, malgré l'usage d'un langage... Ils n'en sont pas moins humains par la TRANSMISSION DE L'ACQUIS par le langage (l'aborigène enseigne à ses enfants l'art de l'obtention du feu ou l'art du taillage de pierre)... Quant aux illétrés, ils sont d'évidence handicapés parmi les lettrés... Mais ils n'en sont pas moins humains !

dimanche, 17 juillet, 2005  
Blogger Jack said...

Je suis totalement en accord avec Luc sur ce sujet.
Je pense cependant qu’il n’y a pas à opposer la pensée de Td C à la nôtre, il est évident que le langage et l’écriture en permettant la transmission et l’accumulation du savoir donnent à l’humanité une formidable potentialité de développement.
Cependant çà serait plutôt la définition de la civilisation. Au passage, je crois que l’ignorance de l’histoire est le symptôme d’un retour à la barbarie.

Moi ce qui me dérange dans cette vision de l’Homme être supérieur et la différence de nature qu‘elle sous-entend, alors que nous appartenons pleinement au règne animal, embranchement des vertébrés, classe des mammifères et qu’il y a totale continuité entre l’amibe et nous, certains d’entre nous n’étant d’ailleurs guère plus évolués que la moule.

Je crois que c’est ce qui nous divise et cette idée que nous soyons d’une autre nature, avec la conscience de nous même, de notre mort prochaine et ce que nous appelons l’intelligence, supérieur à tous les êtres vivants.
Pour décider, si dans l’échelle de l’évolution nous sommes effectivement des êtres supérieurs, il faut d’abord décider ce qui est supérieur de l’inférieur.
Dés que l’on se pose la question de cette manière, on voit bien que toutes nos réponses sont auto-référencielles.

PS : où est la démonstration que la complexification de l’univers et du vivant engendre l’ordre ? je ne dois pas penser assez fort…

dimanche, 17 juillet, 2005  
Blogger Patrick said...

Jack, mon commentaire sur l'ordre est personnel, pas documentée, c'est juste un sentiment. Mais on s'entend à considérer que l'entropie (état de désordre) de l'Univers augmente constamment (de par son expansion). Or, le processus de complexification correspond certainement à une diminution de l'entropie : une cellule vivante est "en ordre" et pas "en désordre"... Ce processus semble aller dans le sens inverse de celui de l'Univers... Certes, la mort de la cellule qui "revient à l'état de poussière" ramène au désordre - mais sa progéniture recrée de l'ordre - et généralement en quantité plus importante... Voilà ce que je voulais dire...

Et on peut s'interroger (je m’interroge) sur la force qui pousse en faveur de l'ordre (ça serait tellement plus simple de laisser régner le désordre) ! Et comme on ne sait pas, pour combler cete lacune, la plupart des civilisations appellent ça « Dieu », ce qui donne bonne conscience, mais qui n’explique rien…

Sur la question de l'homme "supérieur", les auteurs que j’ai lus se gardent bien de s'engager sur cette voie. En revanche, ils s'accordent sur le fait que c'est l'homme (certains disent l'Humanité) qui représente le stade le plus avancé de l'Evolution dans cette région de l'Univers - ce qui ne constitue pas un classement de valeur, juste une constatation. "Plus avancé" n'est pas synonyme de "supérieur"...

La thèse qui consiste à dire que l’homme est « inférieur » aux animaux parce qu’il est incapable de préserver son environnement (par exemple) est recevable. Mais l’homme reste quand même plus « avancé » sur le plan de l’Evolution…

dimanche, 17 juillet, 2005  
Blogger jeanlepec said...

Gaïa c'est la terre, une surface limitée.
Une espèce s'y développe rapidement, colonisant l'eau, le sol, l'air. C'est l'Homme. Lorsque je naquis, en 1932 nous étions environ 3 milliards. Maintenant nous sommes 6,5 Milliards. La moyenne des projections (voir les courbes publiées par les différents organismes officiels - ONU, FAO, Banque Mondiale... ) indique que nous serons -sauf épidémie ou catastrophe majeure - environ 10 à 12 milliards sans 25 ans. Autrement dit la population aura doublé.

Ma grand mère, qui était une femme plein de bons sens, disait qu'on ne pouvait pas nourrir plus de vaches dans un pré qu'il ne pouvait en supporter.
Rapporté à l'homme cela signifie que la surface poductrice de la terre ( terre + océans bien entendu) n'est pas illimitée et qu'il viendra un jour où les productions seront insuffisantes pour nourrir tout le monde dans des conditions raisonnables.
Si l'on se réfère à Malthus, penseur mal aimé mais plein de bon sens, viendra le jour de la disette par surpopulation. Je n'entre pas dans les détails, mais tu peux toujours te plonger dans le "principe de population"; ça ne se lit pas comme un roman, mais ça fait réfléchir. D'autant plus qu'à son époque l'agriculture dépendait des bras, alors que maintenant elle dépend du pétrole. Et comme les stocks s'épuisent...

Si cette façon d'aborder ce qui nous attend lorsque nous nous cognerons contre le mur t'a plu,je pourrai continuer. Le sujet est inépuisable.

mardi, 08 août, 2006  
Blogger Luc said...

@ Jean : Merci pour ton commentaire. Et oui, ton point de vue m'intéresse. En ce qui concerne la courbe de population, je ne pense pas qu'on va atteindre 10 à 12 milliards dans 25 ans. Au contraire la courbe de "croissance" est en train de s'infléchir. On n'est plus sur une trajectoire exponentielle, je pense. Voir 6,5 milliards de Terriens.

mardi, 08 août, 2006  
Blogger Damien said...

Messieurs,

Bravo à tous! Passionnant débat sur l'Homme, la terre, l'avenir de leur cohabitation, la dimension religieuse de tout cela...

J'aimerais à mon tour alimenter ce débat avec les quelques points suivants:

Matrix:
Pour moi, la comparaison de l'homme à un virus pour la terre n'est pas sans fondement. Même si plusieurs civilisations ou tribus, bien avant Malthus, ne se comportaient pas comme tel (contrôle de la taille du groupe en fonction des capacités de l'environnement), l'homme tend effectivement à se multiplier et épuiser les ressources naturelles de son environnement.

Aidé par des moyens de communication de plus en plus puissants (de la parole à internet en passant par les transports physique), l'homme se répand et sa population augmente.

Mais le point important, et pour moi prémonitoire, de Matrix n'est pas le virus humain pour la planète mais l'interaction de l'homme et de la machine.

Ce qui me permet d'aborder le 2eme point de ce petit commentaire,

La différence entre l'homme et l'animal: la conscience.

Apres vous avoir lu, j'ai cru comprendre que nous sommes tous d'accord pour dire que la fourmi, le dauphin, l'homme, le serpent ou la mouette possèdent tous une forme d'intelligence, avec leur propre langage et mode de communication pour transmettre plus ou moins rapidement un savoir inné ou acquis.

Mon idée est que l'homme se différencie par la conscience: sa capacité à imaginer, penser et créer les outils dont il a besoin pour faire face aux problèmes qui se posent à lui. L'homme a conscience que rien n'est impossible.

Je n'ai pas lu tous les éminents représentant de la race humaine que vous citez, mais ces concepts de noosphere et de complexification que je découvre me plaisent beaucoup.

Ils m'autorisent à faire rejoindre les deux points que j'ai évoqué plus haut: Plutôt que de revenir à 2 milliards de personnes sur terre qui vivrons en osmose parfaite avec la nature pour préserver le climat, la biodiversité, etc... bref la terre, l'homme va chercher et trouver des solutions pour s'adapter à cette nouvelle situation et permettre à la pensée de se développer; probablement grâce aux machines.

Je m'explique.

Tous les animaux se transmettent leur savoir. L'homme a commencé par les gestes, les sons, les peintures rupestres puis l'écriture.

C'est la que tout "s'accélère".

On fait des livres, beaucoup de livres sur beaucoup de sujets, ce qui représente beaucoup de choses à lire et mémoriser pour qui veut acquérir Le savoir universelle.

Il faut ensuite répandre ce savoir. Alors on développe des moyens de communication de plus en plus rapides. Le cheval, le chemin de fer, l'avion. Mais tout ça prend quand même du temps, le téléphone est donc le bienvenu. Puis on trouve ca incommode de devoir être à un point fixe pour parler à l'autre qui n'est pas la, donc on développe le téléphone portable.

Et tout ce savoir, pas très pratique de devoir aller à la bibliothèque pour apprendre quelque chose. On invente donc internet comme le moyen le plus massif jamais connu de trouver une réponse à n'importe quelle question.

Lorsqu’on réalise qu’on arrive à faire revoir des gens qui sont devenus aveugles, greffer à peu prêt tous les organes vitaux ou mettre des membres bioniques à des amputés qui font fonctionner ces membres par la pensée, on se dit que le cerveau et le corps humain on de moins en moins de secret pour… le savoir, la pensée, la conscience universelle, la vie peu être, le prcessus « cosmique » de Teihlard. Dans tous les cas cette chose qui se sert de l’humain pour se développer.

Ne doutez pas que tout ce savoir sera mis au service de cette conscience universelle pour que celle-ci continue de croître, même si les océans montent de 10m, que la température augmente de 20° ou que l’air devienne irrespirable.

Le développement de la capacité de mémoire des ordinateurs et les moyens de communication entre ces machines peuvent très facilement être comparés au cerveau humain. Un ordi est un neurone et une connexion wi-fi un synapse. Seulement au contraire du cerveau humain qui peut tout enregistrer aussi, les temps de réponse des machines sont bien plus rapides que le cerveau. Il faut parfois plusieurs secondes ou dizaines de seconde pour retrouver une information au fond de notre cerveau, il faut quelques dixièmes de seconde à un moteur de recherche pour trouver des millions de page internet…

Donc l’homme n’est qu’un moyen d’arriver à l’Omega, cet etat de conscience ultime ou tout est connu en temps réel et équilibré. Mais l’homme ne sera pas un dieu (Bouddha est peut etre une meilleure image de cet Omega en terme religieux) car l’Omega sera alors porté par des machines adaptées au climat terrestre quel qu’il soit et probablement aussi à l’espace.

lundi, 25 septembre, 2006  
Blogger Jack said...

Cet état de conscience ultime ne s’appellerait-il pas la mort ?
A quoi servira tout ce savoir accumulé, accessible en une nano seconde si les hommes ont disparus.
Je doute que les ordinateurs et internet sauvent l’humanité plus que tous les autres outils qui les ont précédés.
La science et la technique progressent énormément, mais notre sagesse est immobile depuis les premiers philosophes de la Grèce antique, si elle n’a pas reculé ! Nous avons une jambe plus courte que l’autre et c’est la plus grande qui ne cesse de se développer : comment marcher en étant si mal fichu ?
Nous n’avons toujours pas trouvé le système politique planétaire qui va bien.
Nous savons tous, maintenant, habiter un « vaisseau spatial », dont les ressources sont limitées, mais que personne ne commande.
Imaginez une croisière où personne ne se soucie de la réserve d’eau, où tous puisent dans le frigo à leur guise, où personne ne tient la barre, sans cap ni capitaine : il aura tôt fait de faire côte ou l’équipage de sombrer dans l’anthropophagie et la démence.
C’est sur ce vaisseau que nous sommes et ce qui pourrait arriver de mieux à l’équipage et qu’il fasse côte, la deuxième hypothèse étant la pire des 2 et malheureusement la plus probable.

A moins que Dieu ne vienne à notre secours ?

lundi, 25 septembre, 2006  
Blogger Luc said...

@ Jack : "A moins que Dieu ne vienne à notre secours ?"

La dernière fois qu'il a fait ça, qu'il est venu au secours de l'humanité, c'était quand, déjà ?

samedi, 30 septembre, 2006  
Blogger Pierre Johnson said...

Jack, je vous trouve bien sévère avec Teilhard de Chardin, qui n'a jamais exclu les femmes, les noirs ou les aborigènes de la noosphère.

Pour l'action, mieux vaut en effet une hypothèse optimiste, sorte de "pari pascalien" du point Oméga, qu'une vision négative à la matrix, qui ne peut nous mener qu'au découragement et à la passivité.

L'Humanité a de sérieux défis à relever. Ne commençons pas par la démobiliser.

lundi, 17 septembre, 2007  
Blogger Nana said...

Salut à tous.

patrick a dit... "Je ne vois aucun exemple de transmission de l'acquis dans aucune espèce animale, même douée de langage (un phoque jongleur - qui a donc acquis cet art - ne transmettra pas son art à sa progéniture !)..."

Cela s'appelle la culture, or il y a (au moins) les cultures singes qui varient géographiquement, autre signe du culturel! OK, ce ne sont pas les carnets de Léonard de Vinci... mais les scientifiques ne nient plus ces formes culturelles animales. Voir entre autres:

http://www.futura-sciences.com/fr/sinformer/actualites/news/t/vie-1/d/une-utilisation-encore-plus-sophistiquee-des-outils-par-les-chimpanzes_8314/
http://www.dauphinlibre.be/grandssinges.htm
http://www.amazon.fr/Quand-singes-prennent-Frans-Waal/dp/2213609233

mardi, 08 janvier, 2008  
Blogger Nana said...

Un livre à propos des cultures animales et humaines (et on parle de l'intelligence artificielle dans l'article en lien):
"Les origines animales
de la culture" de Dominique Lestel
http://www.automatesintelligents.com/biblionet/2002/aou/lestel.html

dimanche, 23 mars, 2008  
Blogger Robert said...

Du point de vue biologique, l'humain ressemble plus à un cancer qu'à un virus il me semble... L'humain n'est pas une structure étrangère qui se sert de la terre pour se reproduire. Il est simplement comme une cellule qui a décidé de ne plus avoir de limite... Ainsi il se reproduit tant et si bien, égocentrique il consomme toute les ressource à lui tout seul et laissant son propre organisme mourrir plus ou moins lentement. L'organisme se désiquilibre et entraine la mort autant du cancer que de l'organisme lui-même...

mercredi, 26 mars, 2008  
Blogger Robert said...

Du point de vue biologique, l'humain ressemble plus à un cancer qu'à un virus il me semble... L'humain n'est pas une structure étrangère qui se sert de la terre pour se reproduire. Il est simplement comme une cellule qui a décidé de ne plus avoir de limite... Ainsi il se reproduit tant et si bien, égocentrique il consomme toute les ressource à lui tout seul et laissant son propre organisme mourrir plus ou moins lentement. L'organisme se désiquilibre et entraine la mort autant du cancer que de l'organisme lui-même...

mercredi, 26 mars, 2008  
Blogger Manso said...

Voir sur le sujet les propositions de
http://demographieresponsable.wifeo.com/

dimanche, 18 janvier, 2009  

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