dimanche, décembre 10, 2006

Le réchauffement des océans pénalise la production de phytoplancton

Le phytoplancton est à l'origine de la chaîne alimentaire des océans. Si le phytoplancton baisse, ça a un impact majeur sur tout l'écosystème océanique, tant sur les poissons que sur les oiseaux marins.

el nino 1997.jpg

Regardez bien les images ci-dessus. L'image de gauche représente les anomalies de niveau d'eau et de températures dans l'océan Pacifique Est pendant l'événement "El Niño" en novembre 1997. L'image de droite montre au même moment la production de phytoplancton dans l'océan, mesuré grâce au satellite SeaWiFS. Les parties en vert sont riches en phytoplancton, et les parties bleues sont pauvres en phytoplancton.

la nina 1998.jpg

Les images ci-dessus montrent la même situation un an plus tard, en novembre 1998, lors de l'événement "La Niña".

En comparant les deux paires d'images, ce qui saute aux yeux, c'est ceci : plus la température augmente, plus la production de phytoplancton baisse.

Temperature and Productivity Anomalies, 1999 - 2004.jpg

Ceci a été synthétisé dans l'image ci-dessus par Michael Behrenfeld de l'Oregon State University. Il a compilé les données sur 5 ans, de 1999 à 2005. En haut, vous avez les variations de l'océan en température, et en bas les variations de production de phytoplancton. Comme vous pouvez le constater, la corrélation est parfaite : plus la température augmente, plus la production de phytoplancton baisse. Et pas qu'un peu. Dans certaines régions, ça baisse de plus de 50%.

La conclusion s'impose d'elle-même : le réchauffement climatique conduit déjà à une réduction de la production planétaire de phytoplancton. Ce qui va précipiter l'extinction des poissons de pêche marine prévue pour 2048.

Et il y a une autre conséquence : quand il se développe, le phytoplancton consomme du gaz carbonique, comme les forêts terrestres. S'il y a deux fois moins de phytoplanton produit, il y aura deux fois moins de CO2 piégé. Et donc cela va accélérer le réchauffement climatique en réduisant un phénomène régulateur très important du taux de CO2 dans l'atmosphère.

Pour en savoir plus :
1. Climate Warming Reduces Ocean Food Supply (NASA)
2. NASA Research Reveals Climate Warming Reduces Ocean Food Supply (NASA news)
3. Global Warming Will Reduce Ocean Productivity (Oregon State University)
4. Extinction des poissons de pêche marine d'ici 2048 (Gaïa)

Crédit illustrations : NASA

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5 Comments:

Blogger Jack said...

Donc c'est l'emballement annoncé, juste là maintenant!

dimanche, 10 décembre, 2006  
Blogger Patrick said...

Pas de panique. Le gouvernement vient de nous mettre une écotaxe sur les produits techniques (juste avant la frénésie d'achats de Noël) - "Everything is under control" !

dimanche, 10 décembre, 2006  
Blogger Philippe Piriac said...

Luc

ce que je lis là me terrifie car pour moi, c'est une évidence que tout ce qui modifie le fonctionnement des océans est générateur de gros very gros problèmes ( cf. poids des océans dans nos climats, chaine alimentaire, photosyntèse,...)

La question que je me pose est triple

1. si la température augmente, et qu'on constate une baisse du phytoplancton, constate on en parallèle une hausse de la photsynthèse sur des végétaux type algues? ( hypothèse sous jacente: y a til un conflit d'ecosysteme entre les algues qui pousseraient plus vite que le plancton en étant stimulés par la température ou impact dela turbidité de l'eau)

Si mon hypothèse était bonne ( corrélation mais négative) , on croulerait bientot sous les algues Ca serait grave pour nos pêcheurs mais moins pourle CO2 ( juste un transfert entre deux systèmes concurrents de capture du CO2)

SI les phénomenes sont corréles, mais dans le meme sens et que la photosynthèse se fassent moins pour le végétal et pour l'animal, alors on est encre plus mal barrés: ni poissons, ni algues et mucho CO²!

Le mieux a espérer est qu'il n'y ait pas de corrélation entre ce qui sepasse sur le végétal et l'animal mais j'en doute

2. de que ordre de grandeur parle t--on?

Sachant qu'au doigt mouillé d'un scientifique ami, pour produire 500 kg de biomasse type micro-algues il faut 1T de CO2

- que la quantité totale de biomasse (terrestre et aquatique) produite à l’échelle mondiale chaque année est proche de 200×109 t/an.( de mémoire)
-et si la dedans 75% vient de la mer ( surface des eaux sur la planete) ce que fait en gros 150 10^9 t/an ( 150 MdT/an)

-et si ce dont tu parles représentent une fluctuation de1% ( au pif)

alors, cela nous met tout de suite à 3Mdt de tonnes de C02 non photosynthétisé ou transféré du l'animal au végétal....

Kyoto prend un coup de vieux
sachant que la production humaine de c02 me semble etre de 7 MdT par an

3. n'est on pas dans du non linéaire:
Je ne sais pas si le raisonnement du point 2 est juste mais il me trouble.
car si oui on est effectivement dans du phénomène non linéaire et ca va se gater tres vite


Conclusion (entre autres)
Let us re speak about Wyseawyg

samedi, 16 décembre, 2006  
Blogger Luc said...

@ Philippe : Il faut noter qu'il y a deux sortes de plancton. Le phytoplancton (algues) et le zooplancton (micro-organismes comme des protozoaires, etc ...). Ici, je parle de phytoplancton, donc de micro-algues.

Ceci bien compris, je répond à tes trois questions :

1. On constate que quand il y a une hausse de la température, il y a une baisse du phytoplancton, donc des algues, d'où l'incidence sur le CO2 que je mentionne dans mon billet.

2. Concernant les ordres de grandeur dont tu parles, je n'ai pas d'informations.

3. Oui : ça va se gâter très vite !

samedi, 16 décembre, 2006  
Blogger Philippe Piriac said...

Luc

En repensant à cette histoire de plancton , cette nuit dans mon lit, je me suis effectivement apercu de la bévue ( zoo. phyto)je me suis dit que tu parlais bien de phytoplancton et cela m'a fait encore plus peu.
ceci m'amenait à penser effectivement qu'on rentrait dans la version dure de mes hypothèses.
Je vais vérifier mes data , mais de quelques travaux par ci par là sur les biocarburants, ils ne me semblent pas déconnants.

Si cela est vrai , la question clé est celle de la quantification de la perturbation ( 1%, 1/000,etc..)
A 1% ca part en vrille, quasi certain.

Une des voies de sortie: Va voir le site de Green Fuel Technologies et ou le Preogramme national de Recherche sur les Biocarburans ( français). .

A noter qu'en Novembre 1986, GFT vient d'annoncer sa première création de biofuels a partie de CO2 de fumées de centrales électrique.

On a 3/ 4 ans de retard, mais avec un peu de niaque et d'input managérial c'est rattrapable.

Sinon, après la licence américaine Westinghouse pour le nucléaire, on passe à la
licence américaine Green Fuel Technologies

dimanche, 17 décembre, 2006  

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