dimanche, septembre 24, 2006

La couche d'ozone se reconstruit lentement

Ozone.jpg

Une étude rendue publique par le Georgia Institute of Technology le 30 août 2006 démontre que la couche d'ozone stratosphérique est en train de se reconstituer. Une équipe, dirigée par Eun-Su Yang, a compilé 25 ans de données émanant de ballons sondes, d'instruments de mesure au sol et des satellites de la NASA et de la NOAA. Les résultats sont synthétisés dans l'image ci-dessus. (vous pouvez également télécharger le fichier QuickTime correspondant - 7,6 Mo)

Quand on s'est aperçu que la couche d'ozone était en train de disparaître et qu'on a pu identifier en 1974 que c'était dû à l'utilisation massive par l'homme des CFC (Chlorofluorocarbones), en particulier dans les bombes aérosol, on a réussi à se mettre d'accord, et on a signé le Protocole de Montreal le 16 septembre 1987, pour bannir mondialement toute utilisation des CFCs, avec mise en application dès le 1er janvier 1989.

Sur l'image ci-dessus, on peut constater que, effectivement, après avoir crû continûment dans les années 70 et 80, la teneur en chlore de la stratosphère s'est stabilisée à partir de 1996, et puis s'est mise à décroître lentement. Ceci est l'illustration directe de la mise en oeuvre du Protocole de Montréal.

Et, sur la courbe en dessous, vous pouvez suivre l'évolution de la teneur en ozone de la stratosphère qui, après avoir été sur une tendance descendante jusqu'en 1997, est depuis cette date sur une pente ascendante, même si on constate des fortes variations saisonnières.

Alors, on pourra avoir encore de temps à autre un affaiblissement passager de la couche d'ozone, comme le trou de la couche d'ozone antarctique de l'été 2006 mentionné par l'Organisation Météorologique Mondiale (OMM), mais la tendance lourde est là : la couche d'ozone se reconstruit lentement mais sûrement. Alors, quand aurons-nous un retour à la normale ? Peut-être pas en 2050, comme je l'avais annoncé en mai 2006, mais sans doute plutôt vers 2065.

Donc, quand l'espèce humaine qui est en train de saccager la planète veut bien s'arrêter un instant et veut bien prendre ses responsabilités, eh bien ça marche. On sait ce qui est en train de se passer, plus la peine de nier l'évidence, et on sait ce qu'il faut faire. Qu'attendons-nous ?

Pour en savoir plus :
1. Earth’s Ozone Shield Shows Signs of Recovery (Georgia Institute of Technology)
2. NASA, NOAA Data Indicate Ozone Layer is Recovering (NASA)
3. Evolution de la couche d'ozone de 1979 à 2003 (NASA - fichier QuickTime 7,6 Mo)
4. The Montreal Protocol on Substances That Deplete the Ozone Layer (Wikipedia)
5. Le trou de la couche d'ozone pourrait disparaître d'ici 2050 (Gaïa - 20 mai 2006)

Crédit photo : NASA via Boing Boing

10 Comments:

Blogger Patrick said...

Hum... L'article de la NASA dit en substance : "Though it is still too early to tell, the 2006 Antarctic ozone hole has not shown any substantial signs of recovery.
". Ils évoquent la date de 2025 pour commencer à constater une amélioration... Pas très convainquant, tout ça...

mercredi, 04 octobre, 2006  
Blogger Patrick said...

Intéressants articles, mais qui ne sont guère concluants - et même contradictoires.

On lit par exemple : "The study’s data indicate that atmospheric ozone has stopped decreasing in one region and is actually increasing in the other of the two most important lower regions of the stratosphere."

J'apprécie le prudent "ozone-depleting gases derived from human activity are thought to cause ozone depletion".

En effet, la migration des CFC vers la haute atmosphère n'a jamais, à ma connaissance été démontrée. En revanche, on peut remarquer que l'abandon des CFC comme liquide réfrigérant a fait chuter le rendement de tous les appareils frigorifiques dans le monde d'environ 20%, conduisant à une augmentation correspondante de dépense d'énergie productrice de CO2...

Mais, bon, il faut bien que les laboratoires de recherche américains qui ne vivent que de fonds privés publient des choses qui vont "dans le bon sens", faute de quoi ces pauvres scientifiques n'auront plus de crédits et seront jetés à la rue...

Il me semble évident qu'un scientifique qui prouverait que les CFC n'ont rien à voir là-dedans sera rapidement muselé et muté au département des archives...

vendredi, 13 octobre, 2006  
Blogger Luc said...

@ Patrick : Bon, OK, et alors, comment expliques-tu la baisse de la teneur en composés chlorés dans la stratosphère, observée depuis 1996, soit 9 ans après la signature du Protocole de Montréal si ce n'est par l'arrêt de l'utilisation des CFCs?

samedi, 14 octobre, 2006  
Blogger Patrick said...

Cette affaire de trou est bien sombre...

D'abord, il ne s'agit pas d'un trou mais d'une zone de moindre concentration d'ozone dans la stratosphère. Mais appelons-le trou puisque c'est le terme "populaire". L'existence du trou a été mis en évidence par G.M.B. Dobson en 1956. Tout laisse penser que ce trou existait depuis la nuit des temps (rappel : les CFC ont été "inventés" par Thomas Midgeley vers 1925 - et en 1956, les réfrigérateurs étaient encore des produits de luxe peu répandus, la climatisation des immeubles était inexistante et les bombes de laque, insecticide, etc n'existaient pas). Progressivement, on a effectué des mesures de plus en plus précises, et on a constaté de très grandes fluctuations saisonnières du trou. On s'est demandé ce qui expliquait ce trou, et des théories impliquant le chlore d'origine naturelle (sel de la mer) et l'oxyde nitreux d'origine naturelle se sont fait jour, sans que ça soulève grand intérêt. Puis en 1974, Frank Sherwood Rowland a suggéré que les CFC pouvaient être la cause. La théorie n'a initialement guère soulevé d'intérêt, sauf chez quelques industriels (dont notre ATOCHEM) qui avaient dans leur portefeuille de brevets des produits réfrigérants invendables car plus chers et moins performants que les CFC. Ces industriels ont eu le flair de donner grand crédit à cette théorie et de financer discrètement les laboratoires concernés. On a agité le spectre de cancers de la peau pour tout le monde, et le succès a été complet puisqu'en 1987, les CFC étaient bannis (au grand dam du chimiste DUPONT, principal fabriquant de CFC). Bingo pour ATOCHEM et consorts, qui ont pu alors proposer leurs produits inférieurs au monde entier.

Quant à une éventuelle diminution du niveau de chlore dans la stratosphère depuis 1996, je demande à voir... Mais si la diminution est réelle, et que le trou est toujours là, et même plus vaste qu'avant, cela contribue plutôt à éliminer le facteur CFC, non ?

samedi, 14 octobre, 2006  
Blogger Patrick said...

Au fait, ce que je viens de décrire (ATOCHEM versus DUPONT), ça s'appelle la "Guerre Economique". Il existe depuis 5 ans à Paris une école supérieure qui enseigne la chose : l'EGE (Ecole de Guerre Economique), qui délivre un Master aux ingénieurs ou "épiciers" qui veulent se lancer là-dedans... Cette école est fort judicieusement située dans le quartier de l'Ecole Militaire !

samedi, 14 octobre, 2006  
Blogger Luc said...

@ Patrick : "Quant à une éventuelle diminution du niveau de chlore dans la stratosphère depuis 1996, je demande à voir..."

Tu demandes à voir ? Eh bien regarde l'image qui illustre ma note : c'est la courbe du haut, sur fond vert, intitulée "Chlorine". Tu vois ? Elle s'infléchit et décline à partir de 1996.

samedi, 14 octobre, 2006  
Blogger Patrick said...

Oui, j'avais vu la courbe, qui est datée de mi 2003. On est en fin 2006... J'ai cherché dans l'internet une courbe similaire plus à jour et documentée, sans résultat. Peut-être ai-je mal cherché ?

Au fait, je précise au sujet de l'épisode de guerre économique que j'évoques, que je travaillais à l'époque dans la vallée de la Basse Seine, là où est implantée une usine de la société que je cites, et avec qui j'avais des relations commerciales. Cette histoire m'avait été racontée par des responsables locaux dans tous ses détails. A l'époque, ils faisaient de la guerre économique sans le savoir... Mais, vingt ans après, il y a prescription, non ?

Cet épisode de guerre économique où on exploite commercialement des données scientifiques ou pseudo-scientifiques me rappelle le soutien inconditionnel apporté par le laboratoire Boiron (homéopathie) au "professeur" Benveniste, qui prétendait avoir découvert un phénomène de "mémoire de l'eau" qui aurait donné une assise scientifique à l'homéopathie (qui, je le rappelle, prétend guérir tout avec ... rien). Mais dans ce cas, la maillonnaise n'est pas montée, la supercherie a été dévoilée, et l'investissement a été perdu ! A ce jeu, on ne gagne pas à tous les coups !

samedi, 14 octobre, 2006  
Blogger Patrick said...

Je lis ici que le "trou" est en ce moment plus vaste que jamais. Il va falloir rechercher un autre coupable que les CFC, je pense...

dimanche, 15 octobre, 2006  
Blogger Luc said...

@ Patrick :

(1) Taux de chlore dans la stratosphère : comme je le précise dans mon article, l'étude publiée par le Georgia Institute of Technology le 30 août 2006 concerne une compilation de donnée s'étendant de 1979 à 2003. Donc, c'est pas étonnant qu'elle ne fasse pas état de données antérieures à 1979 ou postérieures à 2003 ! En attendant, je te réitère ma question du 14 octobre à laquelle tu n'as toujours pas répondu : "Comment expliques-tu la baisse de la teneur en composés chlorés dans la stratosphère, observée depuis 1996, soit 9 ans après la signature du Protocole de Montréal si ce n'est par l'arrêt de l'utilisation des CFCs ?"

(2) "Je lis ici que le "trou" est en ce moment plus vaste que jamais." Là encore, si tu lis mon arcticle, tu remarqueras que j'avais cité le rapport de l'OMM auquel tu fais allusion : "Alors, on pourra avoir encore de temps à autre un affaiblissement passager de la couche d'ozone, comme le trou de la couche d'ozone antarctique de l'été 2006 mentionné par l'Organisation Météorologique Mondiale (OMM), mais la tendance lourde est là : la couche d'ozone se reconstruit lentement mais sûrement.". Comme tu as fait de la statistique, tu sais faire la différence entre la moyenne et l'écart-type. La taille du trou de la couche d'ozone est très fluctuante, particulièrement en fonction des données climatiques. Le fait qu'on ait un écart-type passagèrement important n'est pas du tout contradictoire avec une diminution du trou de la couche d'ozone. C'est d'aiileurs ce qu'on observe depuis 1997. Et c'est ce que j'avais précisé dans mon article : "Et, sur la courbe en dessous, vous pouvez suivre l'évolution de la teneur en ozone de la stratosphère qui, après avoir été sur une tendance descendante jusqu'en 1997, est depuis cette date sur une pente ascendante, même si on constate des fortes variations saisonnières."

lundi, 16 octobre, 2006  
Blogger Patrick said...

Bon, bon, je m'incline, même si je trouve suspect qu'en 2006, on publie des données qui s'arrêtent en 2003... Et rendez-vous dans dix ans pour voir où en est le trou (et la teneur en chlore)...

lundi, 16 octobre, 2006  

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