samedi, novembre 26, 2005

650 000 ans d'histoire climatique



Les premiers forages glaciaires en Antarctique avaient été effectués à la station Vostok et avaient permis de retracer l'histoire climatique des 420000 dernières années.

L'EPICA (European Project for Ice Coring in Antarctica) s'est installé dans la station Dome Concordia (photo ci-dessus), qui a permis de travailler dans de meilleures conditions qu'à Vostok.

La carotte de glace remontée du « Dôme C EPICA » a permis de mesurer les teneurs en gaz à effet de serre présentes dans l’atmosphère depuis 650.000 ans. On a ainsi remonté dans le passé de 210000 ans par rapport à l'étude précénte, soit deux cycles glaciaires complets.

L’analyse fait ressortir que la concentration en dioxyde de carbone ne cesse de croître et se trouve déjà actuellement, à 380 parties par million en volume, un niveau plus élevé de 27 % que le maximum atteint au cours de ces 650.000 dernières années constate dans Science l’auteur responsable des deux études, Thomas Stocker de l’Institut de Physique de Berne en Suisse.

« Nous avons aussi un document montrant que l’échelle de temps sur laquelle l’homme a changé la composition de l’atmosphère est très courte comparée aux cycles naturels des systèmes climatiques » précise Stocker.

Cette nouvelle analyse de carotte glaciaire nous offre une fenêtre sur les concentrations en gaz à effet de serre et le climat antarctique au cours de la période chaude la plus récente qui a été relativement similaire à celle de notre époque. Cette période, connue sous le nom de Marine Isotope Stage 11 ou MIS 11, s’est produite entre 420.000 et 400.000 ans et n’est pas entièrement couverte par le prélèvement de Vostok.

La ressemblance entre cette période et la nôtre est due avant tout à la configuration similaire des orbites de la Terre et du Soleil, dont les positions relatives seraient la cause première des cycles glaciaires.

« Le MIS 11 nous montre qu’un système climatique peut effectivement consister en une période de 20.000 à 30.000 années, ce que nous ne pouvions dire jusqu’à présent au vu des trois dernières phases chaudes qui ne dépassent pas 10.000 ans » a dit Stocker.

Nous sommes actuellement au bout de 10.000 années de période chaude.

Alors, la suite : ça va chauffer (augmentation des gaz à effets de serre), ou ça va refroidir (cycles glaciaires) ?

Bonne question.

Pour en savoir plus :
1. De nouvelles données plus anciennes de 210.000 ans sur les gaz à effet de serre fournies par la carotte de glace « Dôme C EPICA » (EurekAlert!)
2. Le réchauffement de la planète (Gaïa)
3. New Evidence Extends Greenhouse Gas Record from Ice Cores by 50 Percent, Adding 210,000 Years (Institut de Physique de Berne - pdf)
4. Study: More CO2 Now Than Past 650K Years (ABC News)

Crédit photo : A. Lori, ENEA

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5 Comments:

Blogger Jack said...

Lorsqu’on parle des gaz à effet de serre, tout le monde se demande si le réchauffement mesuré est du à l’homme ou, s’il se serait produit sans lui de toute manière.
La réponse ne me semble pas évidente.
Je vous propose donc un autre angle d’attaque du problème de l’impact de l’homme sur son environnement.
Le pétrole, pour prendre une question qui reste d’actualité, même si le baril est redescendu.
Les géologues s’accordent à dire que le temps de formation du pétrole est au minimum 1 million d’année à plusieurs dizaines de millions.
Nous aurons consommé cette ressource en 150 ans, si pour mettre les choses en perspective nous mettons en rapport le temps de constitution et le temps de consommation :
150 / 1 000 000 (pour être optimiste) = soit 0,15 millième
Comparons au temps nécessaire pour produire une récolte de blé : 1 an , 365 jours, 8760 heures.
1 heure et 20 minutes pour bouffer la production mondiale d’une année.
Il y a de quoi faire une sacré indigestion, vous ne trouvez pas.
Çà fait aussi un jeune assez long !

samedi, 26 novembre, 2005  
Blogger Patrick said...

Je remarque que le réchauffement de la planète n'est vu que comme une catastrophe à venir.

Or, dans toute chose, il y a du bon et du mauvais. Pourquoi un réchauffement de quelques degrés n'aurait-il que des conséquences catastrophique ? A-t-on seulement envisagé les bénéfices de telle augmentation de température et les a-t-on mis en balance avec les inconvénients ?

Au moyen âge, vers l'an 1000 la température moyenne en France était, semble-t-il (le thermomètre n'avait pas été inventé), environ 10°C plus basse que de nos jours. La mer a gelé à Bordeaux. L'agriculture fonctionnait au ralenti. La taille moyenne des français avait rapetissé par suite de malnutrition. Durant l'hiver 974/975, la France fut gelée de début novembre jusqu'au 22 mars, et un tiers de la population française périt. Nos ancètres était-ils plus heureux et confortables sous un tel climat ?

Plus près de nous, la période comprise entre le 15ème et le début du 19ème siècle a été nommée la "petite période glaciaire". En 1694, près de 2 millions de français sont morts de froid. On dit qu'en 1707, le vin a gelé jusque dans le verre du Roi !

Je suis certain que nombre d'habitants de régions aujourd'hui inhospitalières vivraient mieux avec quelques degrés de plus...

Le climat de 1900 est-il donc la référence dont il ne faut surtout pas dévier ? Pourquoi ?

mardi, 29 novembre, 2005  
Blogger Patrick said...

J'ai trouvé cette citation amusante au sujet de l'hiver 874/875 (cent ans avant celui que je citas dans mon post précédent) : L 'hiver dans les Gaules fut si long et si rempli de gelées et de neige que «nul homes qui lores vesquit n'avoit onques veu si forz».

mardi, 29 novembre, 2005  
Blogger Luc said...

Patrick : comme d'hab, tu poses la bonne question.

La Terre est un organisme vivant. Elle a un peu de fièvre en ce moment à cause de la propagation à sa surface d'un virus appelé "l'homme", mais je ne me fais aucun souci pour elle, elle s'en remettra, comme elle s'en est remise les sept fois précédentes.

Quant à l'homme, il a une extraordinaire faculté d'adaptation, et il survivra sans doute au réchauffement climatique. C'est le plus grand prédateur vivant sur cette petite planète. Ca va saigner : il y aura "beaucoup d'appelés et peu d'élus", mais il y en aura plein qui survivront. Mais, bon, je suis pas sûr que j'aie envie d'être à leur place ...

Bon, alors, dans les "aspects positifs" du réchauffement climatique, il y a quoi, à part avoir des palmiers dans mon jardin ?

mardi, 29 novembre, 2005  
Blogger Patrick said...

Des aspects positifs ? On parle bien de deux ou trois degrés en plus en moyenne, mais sans faire intervenir des choses apocaliptiques du style tornades et autres canicules, évidemment.

Bon, alors, pour nous, on se retrouvera comme si la France était en Espagne ou en Italie. Un climat bien plus agréable, quoi... Il y aura une forte diminution de la facture énergétique, une moindre consommation de pétrole et de gaz, les chauffe-eau solaires auront enfin un sens - rien que des bonnes choses... L'agriculture française sera moins soumise aux frimats - on n'aura plus à importer des fraises ou des tomates. Plus besoin de serres coûteuses, les plus belles fleurs pousseront dans les prés. En été, on pourra se baigner sans grelotter sur toutes les plages de l'Atlantique, et même sur les plages de la Manche... On pourra plus facilement s'adonner à la plongée sous-marine et admirer les nouvelles espèces aux couleurs chatoyantes que le réchauffement aura attiré. On se balladera plus souvent en tenue légère, comme les gens d'Europe du Sud, et notre budget d'habillement pourra être réduit. Sans doute décalera-t-on les horaires de la journée pour mieux profiter des douces soirées, comme le font aujourd'hui les Espagnols... Et on réinstaurera la saine habitude de la sieste en milieu de journée...

Quand aux Allemands et aux Anglais, ils se retrouveront comme s'ils étaient en France, dont ils aiment aujourd'hui tant goûter le climat (J'irai revoir ma Normandie)... Et que dire des Nordiques, qui pourront enfin mieux profiter de leur journée d'été de 182 jours, et ne plus avoir à casser la glace pour prendre un bain !

Quant aux pays d'Afrique, un degré de plus ou de moins n'aura guère d'effet - entre 40°C et 42 °C, la nuance est subtile !

On pourra enfin faire du tourisme en Sibérie sans se transformer en pain de glace... Et faire des randonnées dans le Grand Nord Canadien sans risquer d'y perdre les doigts de pied !

Bref, que des avantage, vous dis-je !

mardi, 29 novembre, 2005  

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