samedi, février 25, 2006

Premier cas confirmé de H5N1 dans un élevage de dindes



Le premier cas de contamination d'un élevage de volailles dans un pays de l'Union européenne s'est produit à Versailleux, dans l'Ain. La ferme en question se trouve à 200 mètres du lac de Joyeux, où on avait retrouvé le canard sauvage mort du H5N1.

Cet élevage industriel (et donc confiné) comprenait 11.000 dindes. 80% de ces dindes sont mortes brutalement cette semaine, du jour au lendemain. Dans le cadre du plan d'urgence, toutes les volailles de l'élevage ont été abattues jeudi. Les carcasses ont été brûlées, et les bâtiments sont en cours de désinfection.

Le laboratoire de l'AFSSA (Agence française de sécurité sanitaire des aliments) a confirmé tôt ce matin la présence de la souche H5N1 sur les dindes retrouvées mortes.

Ce qui est perturbant dans cette histoire c'est qu'il s'agissait d'un élevage confiné. Les dindes ne sortaient pas dehors. Dans un communiqué, la Fédération des industries avicoles (FIA), a indiqué que les dindes avaient "peut-être été contaminées par des fientes de canards sauvages déposées sur de la paille utilisée récemment comme litière".

C'est peut-être vrai. Si c'est le cas, ils auraient pu y penser avant ...

Ce qui est sûr, par contre, c'est que cette menace pèse depuis des mois, et que l'impréparation des pouvoirs publics laisse rêveur.

Dans les semaines qui vont suivre, vous allez pouvoir assister en direct live à la suite du déroulement de l'épidémie en Europe et dans le monde. Ca va surtout devenir intéressant au retour d'Afrique des oiseaux migrateurs.

En tous cas, il ne faudrait pas que cette épizootie déclenche une psychose, et qu'on se mette à détruire les oiseaux sauvages. Remarquez, vous me direz, l'espèce humaine n'en est plus à ça près ...

Pour en savoir plus :
1. La présence du virus H5N1 confirmée dans l'élevage de dindes de l'Ain (Nouvel Obs)
2. France confirms bird flu strain (BBC news)
3. De la paille peut-être à l'origine de la présence de la grippe aviaire dans l'élevage de dindes, selon un vétérinaire (Nouvel Obs)
4. Le virus H5N1 arrive en France (Gaïa)

Crédit photo : Jean-Philippe Ksiazek

10 Comments:

Blogger La griotte said...

Il va falloir confiner la paille...

samedi, 25 février, 2006  
Blogger Betty said...

Il y avait ce matin un article dans le journal de la LPO très interressant qui disait que "le canard retrouvé porteur du virus n'était pas un migrateur d'afrique mais une espèces hivernant en europe et qui se déplace sur seulement quelques centaines de kilométres. Donc probablement contaminé au contact d'élevage de volailles de l'est. La LPO précise que des milliers de tests réalisés en europoe sur des oiseaux sauvages vivants se sont révélés négatifs jusqu'ic(...) Enfin les foyers découverts dans les élevages du Nigeria, loin de toute zone humide fréquentée par des migrateurs, confirment que le principal vecteur de la grippe aviaire est le commerce et l'importation de volailles, légal ou non."
Alors le migrateur bouc émissaire ?

samedi, 25 février, 2006  
Blogger Jack said...

@Grillote : très drôle le confinement de la paille, il est probable que le canard malade se soit réfugié dans le hangar à paille : difficile de penser à tout.
A propos de la dramatisation :
1- ces 11000 dindes étaient prévues pour notre assiette, donc ce n’est pas un drame.
2- nous ne sommes pas un pays sans ressources et ce n’est pas la première fois que nous avons à faire face à une épizootie. Nous avons eu à faire face à la peste porcine à la fièvre aphteuse et bien d’autres maladies animales.
3- j’observe que l’ensemble des oiseaux qui habitent mon jardin, se portent à merveille, et ont commencé à courtiser leur belles avec leurs chants harmonieux...
4- la LPO défend les oiseaux et pense à raison que ce sont eux qui ont le plus à perdre dans cette affaire : un des principaux vecteurs de la maladie est l’homme et cette histoire de paille le démontre. Il reste qu’ils sont le principal vecteur de la grippe humaine comme porteur sain. Le canard et l’oie parcourent des distances considérables, ils barbotent en groupe dans de nombreux points d’eau et le virus semble s’y plaire : c’est sans doute pourquoi ils sont les seules victimes sauvages pour l’instant.
5- La destruction des oiseaux fut ordonnée en Chine par Mao en personne. (C’est donc déjà arrivé, et même pas pour des raisons sanitaires). Une telle mesure serait bien vaine et stupide : comme brûler la forêt pour éliminer les termites...

Ce qui rend tout le monde fébrile dans cette affaire est l’improbable croisement de ce virus avec celui de la grippe humaine avec un nouvel épisode de la grippe espagnole.

Si vous voulez vraiment vous terroriser, lisez donc le livre Virus qui parle d’un autre « probable » croisement entre Ebola
et le virus de la grippe. Mais c’est une fiction, crédible et bien faite, mais une fiction tout de même.

Si les médias communiquent de manière raisonnable sur ce sujet en nous disant ce qu’il est utile de savoir sans chercher le sensationnel pour vendre de l’info (et c’est ici que çà se corse), nous pourrons peut-être éviter d’avoir à faire face à une crise majeure de notre filière avicole.
Il y a un film que j’aime à revoir, « le hussard sur le toit ».
Dans une épidémie ce qui tue le plus sûrement est sans doute l’ignorance, la bêtise et la peur. Un cocktail détonnant en toutes circonstances.

samedi, 25 février, 2006  
Blogger Patrick said...

En allant chercher mon poulet rôti dominical au marché hier matin, et fort de mes certitudes relatives à la loi de l'offre et de la demande qui régule les prix (en principe), je m'attendais à me voir proposer le volatile à vil prix. Que nenni ! Le rôtisseur n'a pas hésité à m'extorquer 10 euros comme d'hab, sous l'oeil soupçonneux des autres clients qui ne s'intéressaient plus qu'au cochon de lait et autres morceaux de lard... J'ai le vague sentiment que le rôtisseur a empoché un bon bénéfice sur cette transaction, au détriment des producteurs qui ont dû brader leur volaille...

Enfin, c'est pour la bonne cause, et d'ailleurs Nuclear Jack a dit qu'il fallait manger du poulet, alors je m'exécute, de peur qu'il ne déclenche des représailles massives sur mon petit coin de paradis...

dimanche, 26 février, 2006  
Blogger Luc said...

Moi, ce matin, en allant faire des courses au supermarché Champion d'Entraigues, j'ai constaté qu'il ne restait aucun poulet dans le magasin. J'ai dit en rigolant "Ah, vous avez été dévalisés ! Ca marche fort la volaille en ce moment !".

Pour être honnête, il restait juste 1 poulet en rayon. Tout le reste des linéraires, où on trouvait d'habitude des blances de poulets, etc . était garni de lapins sous blister.

Patrick, toi tu as pu acheter du poulet. Pour moi, c'était mission impossible ...

dimanche, 26 février, 2006  
Blogger Patrick said...

Juste un renseignement, SVP : Les poules de luxe sont-elles également confinées en chambre, ou peut-on continuer de les exhiber dans les lieux public ?

dimanche, 26 février, 2006  
Blogger Betty said...

Pour répondre à Luc je dirais que chez moi au Champion RAS ! il y a toujours du poulet en rayon... enfin j'y retourne tout à l'heure, vérifier l'info....

Pour répondre à Monsieur mon cher voisin (Patrick) je dirais que les poules (de luxe ou pas), poulettes et autres dindes sont confinées elles aussi. Déplacement et transport strictement interdit.... et c'est tant mieux !! ça nous fait de la place...enfin ! ;-)

lundi, 27 février, 2006  
Blogger pergo said...

bonjour,
je suis traiteur rotisseur et il est vrai que je n'ai pas baissé les prix de mes volailles et pour cause :
déjà nous n'avons pas bénéficier de promotion très élevé de notre fournisseur d'une part et d'autre part il faut bien continuer a payer les fournisseurs et les organismes obligatoires qui se moquent pas mal de la grippe aviaire malgrè la chute de 80% de notre chiffre d'affaire. Les poulets commandés finissent à la poubelle et personne ne nous indemnise.
Plus personne ne parle de la grippe aviaire mais le mal est fait mon entreprise coule merci les médias. Sûr qu'après la question du CPE on reparlera de la grippe aviaire si les médias n'ont plus rien a se mettre sous la dent.

mercredi, 29 mars, 2006  
Blogger Patrick said...

C'est bien d'avoir le point de vue de Pergo, une victime de cette histoire. Dans quelques mois, on pourra dresser le bilan de la grippe aviaire en France : Quelques cygnes et quelques canards sauvages qui sont venus mourir chez nous, quelques élevages détruits par précaution, et surtout une filière alimentaire dévastée, avec tous ses métiers connexes gravement touchés... Et on pourra se poser la question : était-ce vraiment nécessaire ?

mercredi, 29 mars, 2006  
Blogger Jack said...

En effet, on touche du doigt tout le « bénéfice » de la médiatisation à tous crins sans soucis des conséquences, avec comme seul objectif l’audience et du lectorat. L’opinion n’est pas en mesure de recevoir certaines informations sensibles, sereinement. Au contraire quant il s’agit de santé, c’est plutôt la paranoïa qui prend le dessus.

J’ai un collègue de bureau qui a tué ses 4 poules dés qu’on a parlé de grippe aviaire, il a singulièrement manqué de sang froid !
J’ai aussi un veto proche de moi, qui vit avec poules, lapins, chats et chiens à la maison (je précise que seuls les chats et les chiens entrent à la maison), il n’a bien sûr rien changé à ses habitudes. Il a, par contre, du subir un flot de questions et de sollicitations plus délirantes les unes que les autres.
Qu’a-t-on appris des précédentes crises, comme la vache folle, ou du S.A.R.S ?
Je mets, toujours de l’eau aux passereaux de mon jardin et je continue de gouter chaque soir, à la nuit tombante le bain des rouges-gorges.
Et je n’ai en rien changé d’habitudes alimentaires !
Faites en tous autant, jusqu’à ce que nous ayons une vraie raison de nous inquiéter.

jeudi, 30 mars, 2006  

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